IL Y A 150 PARIS S'AGRANDISSAIT

De Lutèce, cité des parisii au 1er Siècle avant J.C, conquise par les Romains en 52 avant J.C. et occupant 2 hectares sur l'actuelle Île de la Cité, au Paris d'aujourd'hui d'une superficie de 10 543 ha avec plus de 2 200 000 habitants en 2009 (sources Paris.fr (*), la capitale française a  évidemment connu de nombreuses modifications et agrandissements. Différentes fortifications nécessaires à sa défense ont été construites à différentes époques en fonction de son élargissement. La plus ancienne connue et ayant laissé des traces est celle de Philippe-Auguste (1165-1223). Il existe encore quelques vestiges de cette enceinte notamment dans le Marais. En voici quelques unes sur les 7 connues :

Le Mur des Fermiers Généraux a été construit juste avant la Révolution à partir de 1785. Les travaux furent dirigés par l'architecte et urbaniste Claude Nicolas LEDOUX (1736-1806). Elle englobe 3 441 ha pour une population de 613 000 habitants (*). Cette enceinte fut ainsi appelée parce qu'elle servait à encaisser l'octroi que les marchands devaient verser sur leurs marchandises lorsqu'ils entraient dans Paris. C'était pour ainsi dire l'ancêtre de la TVA. Les Fermiers Généraux étaient l'équivalent de nos Percepteurs actuels. L'enceinte est constituée d'un véritable mur dans lequel des barrières d'octroi sont installées pour permettre l'entrée et la sortie des personnes et des marchandises.

Après la Révolution, le 11 octobre 1795, Paris a été divisé en 12 arrondissements dotés de conseils d'arrondissement et d'un maire à la tête de chacun d'eux. Jusque là, la ville était subdivisée en quartiers, faubourgs et villages.

Afin d'agrandir la ville qu'il trouvait trop petite par rapport à d'autres capitales, notamment Londres où il avait vécu en exil, Napoléon III décida en 1859 d'annexer des faubourgs et des communes (Vaugirard, La Villette, Grenelle et Belleville) ou parties de communes (Passy, Les Batignolles, Bercy, Gentilly, Ivry, etc…) et ainsi de repousser les limites de Paris jusqu'aux Fortifications dites Enceinte de Thiers. L'édification de cette enceinte avait été décidée par une loi de Thiers (1797-1877) et construite entre 1841 et 1844 sous le règne de Louis-Philippe 1er  (1773-1850) roi de 1830 à 1848. Cette limite correspond aux actuels Boulevards des Maréchaux appelés ainsi parce qu'ils portent presque tous le nom d'un Maréchal du 1er Empire. La surface passe à 7 088 ha et le nombre d'habitants à 1 700 000 (*). Cette nouvelle extension nécessite un nouveau redécoupage des arrondissements qui passent de 12 à 20. La numérotation des arrondissements s'est faite en spirale à partir du centre (1er) dans le sens des aiguilles d'une montre. La réalisation de ces modifications  a été effective le 1er janvier 1860. Elle nécessitera évidemment la destruction du Mur des Fermiers Généraux. Nous fêtons donc cette année le 150e anniversaire de cet agrandissement de Paris intra-muros.

Ce fut l'époque de grands chambardements dans l'urbanisme parisien sous l'impulsion du Baron Georges Eugène HAUSSMANN (1809-1891) préfet de la Seine du 23 juin 1853 au 5 janvier 1870. Des lois opportunément votées ont permis de faciliter les expropriations. L'objectif assigné par Napoléon III à Haussmann était de moderniser Paris, de supprimer les voies étroites datant la plupart du Moyen-Âge, d'élargir les grandes voies pour permettre une meilleure circulation déjà dense. Il craignait les risques de soulèvements du peuple facilités par l'étroitesse des rues qui gênait les forces de répression. La question de l'hygiène se posait aussi en raison de la densité de la population dans certains quartiers. Ce fut aussi l'occasion de renvoyer les plus pauvres à la périphérie. Comme on le voit, l'idée a fait recette depuis. Il fallait aussi créer un réseau d'assainissement.

Le Baron HAUSSMANN décida de créer deux grands axes : Nord-Sud et Est-Ouest. D'autre part, il élargit les grands boulevards. L'un des principaux porte d'ailleurs son nom : le Boulevard HAUSSMANN qui part du carrefour du Bd des Italiens et du Bd Montmartre (9e Art)  à l'avenue Friedland (8e Art) qui prend la suite jusqu'à la place Charles-de-Gaulle et d'une longueur de 2 530 m. Il traverse plusieurs grands quartiers (Madeleine, Europe, Chaussée d'Antin). Les 2 plus grands magasins de Paris y ont leur enseigne. Ce qui en fait l'un des quartiers les plus fréquentés avec la Gare St Lazare à proximité et le RER Havre-Caumartin-Aubert. De nombreux immeubles furent construits à la place des anciens. On les appellera " immeubles de style haussmannien ".

Ces travaux ont nécessité de nombreuses destructions d'immeubles et ont coûté une fortune. Je crois qu'aujourd'hui, personne ne regrette cette folie qui a permis de donner à notre capitale son visage actuel. Que serait la circulation maintenant sans ces larges boulevards ?

Aujourd'hui, les limites ont été repoussées d'environ 150-200 mètres au-delà des Boulevard des Maréchaux. Le boulevard périphérique constitue physiquement la nouvelle ceinture et détermine la limite de Paris. Après annexions des bois de Vincennes et de Boulogne et d'une partie de Gentilly, la capitale occupe actuellement une superficie de 10 540 ha (*) .

Et maintenant, à quand la prochaine extension de Paris ? On connaît le rêve de certains qui serait d'annexer les communes de l'ancienne Seine partagée entre 3 départements par la loi du 10 juillet 1964 : les Hauts-de-Seine (92), la Seine-Saint-Denis (93) et le Val-de-Marne. D'autres veulent aller encore plus loin avec le Grand Paris (le Gross Paris diraient certains) dont on ne sait pas très bien où seraient les limites. Ce serait surtout un retour à un centralisme jacobin que les différentes lois de décentralisation ont justement œuvrer à supprimer. Le projet actuel, s'il passait tel quel, remettrait entre les mains de fonctionnaires désignés par l'État les décisions concernant la vie quotidienne d'une population de plus de 10 millions d'habitants qui auraient seulement le droit de payer les impôts pour des dépenses sur lesquelles ils n'auraient pas à donner leur avis. Le futur Conseil Régional ne pourrait que voter les impôts décidés par des fonctionnaires qui n'auraient de compte à rendre qu'au Gouvernement. Dans ce cas, sera-t-il nécessaire d'élire un Conseil à qui on aura enlevé la plus grande partie de ses pouvoirs ?

Affaire à suivre.

(*) Sources : Paris.fr

02.2010
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LES 37 PONTS DE PARIS

Liste établie d'Amont en Aval de la Seine (d'Est en Ouest)

1 - Pont National
2 - Pont de Tolbiac
3 - Passerelle Simone de Beauvoir (le plus récent) 37e et dernier pont de Paris inauguré en 2006. Réservé aux piétons et vélos.
4 - Pont de Bercy
5 - Pont Charles-de-Gaulle (dernier pont construit à Paris entre 1993 et 1996 pour la circulation automobile)
6 - Viaduc d'Austerlitz
7-  Pont d'Austerlitz
8 et 9- Pont Sully (à la pointe Est de l'île Saint-Louis) en 2 parties : l'un au Sud et l'autre au Nord
10 - Pont de la Tournelle (au sud de l'île Saint-Louis)
11 - Pont Marie (au nord de l'île Saint-Louis)
12 - Pont de l'Archevêché (au Sud de l'île de la Cité)
13 - Pont Saint Louis (relie l'Est de l'île de la Cité à l'Ouest de l'île Saint-Louis)
14 - Pont Louis Philippe (au Nord de l'île Saint-Louis)
15 - Pont au Double (au Sud de l'île de la Cité, récemment restauré)
16 - Pont d'Arcole (relie la Rive Droite à Notre-Dame-de Paris et l'île de la Cité)
17 - Petit-Pont (au sud de l'île de la Cité)
18 - Pont Notre-Dame (au Nord de l'île de la Cité)
19 - Pont Saint-Michel (au Sud de l'île de la Cité)
20 - Pont au Change (au Nord de l'île de la Cité)
21 et 22 - Pont Neuf (le plus ancien malgré son nom, à la pointe Est de l'île de la Cité) en 2 partie l'une au Sud et l'autre au Nord de l'île. Commencée en 1578 sous Henri III, et après une interruption d'une dizaine d'années, la construction s'acheva en 1607 sous Henri IV.
23 -Pont des Arts
24 - Pont du Carrousel
25 - Pont Royal
26 - Passerelle Léopold Sédar-Senghor (ex Passerelle Solférino) pont piéton construit entre 1997 et 1999, relie le musée d'Orsay au Jardin des Tuileries
27 - Pont de la Concorde (relie la Place de la Concorde à l'Assemblée Nationale)
28 - Pont Alexandre III
29 - Pont des Invalides
30 - Pont de l'Alma
31 - Passerelle Debilly
32 - Pont d'Iéna
33 - Pont de Bir Hakeim (traverse l'île aux Cygnes en amont)
34 - Pont de Rouelle (traverse l'île aux Cygnes) destiné aux passages des trains du RER C pour la branche Nord
35 - Pont de Grenelle (traverse l'île aux Cygnes en aval)
36 - Pont Mirabeau
37 - Pont de Garigliano


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